Un peu d’histoire…

Origine étymologique de Saint-Genix
Les Allobroges
L’administration romaine
La Sapaudia
Le moyen-âge
XIVème siècle
XVème siècle
XVIème siècle
XVIIème siècle

Origine étymologique de Saint-Genix

Il est diffcile de dire comment l’agglomération placée sur cette rive du Guiers a reçu le nom de Saint-Genix. L’origine éthymologique est discutée, car on peut l’attribuer à deux martyrs du même nom : Saint-Genix, comédien, martyr à Rome sous Dioclétien, ou Saint-Genest, greffier, martyr à Arles, mort en 300 : on dit que les cités menacées par les eaux dévastatrices du Rhône imploraient sa protection afin que son assitance les préserve de la mort et de la ruine.

On aurait donc donné le nom de Saint-Genest (devenu plus tard Saint-Genix) à ce charmant petit village pour le mettre sous la protection du grand martyr d’Arles.
La fête patronale a lieu le dernier week-end d’août.

Quelques noms attribués à notre commune au fil du temps :

  • Apud Sanctum Genesium (vers 1115)
  • Capellanus de Genesio (XIVème siècle)
  • Castellanus Sancti Genesii (1454)
  • St-Genys (1481)
  • Sangenisium (1581)
  • St-Genis-d’Hoste (1691)
  • St-Genis ou St-Gennix (1729)
  • St-Genis-en-Savoye (1731)
  • Entre-Rives (1793)
  • St-Genix-d’Aoste
  • St-Genix-sur-Guiers (1908)

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Les Allobroges

L’histoire de Saint-Genix débute bien avant le moyen-âge. A la faveur des migrations successives, une peuplade venue de l’Est, les Allobroges, occupe un territoite compris entre le Léman et l’Isère, le Rhône et les Grandes Alpes. Le confluent du Rhône et du Guiers constitue dors et déjà un noeud de communication important, reliant Vienne, capitale de l’Allobrogie, à l’Italie et à Genève.

 

 

 

 

 

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L’administration romaine

En 121 avant J.-C. les Allobroges cèdent sous la puissance des armées romaines qui envahissent la vallée du Rhône. Les voies romaines qui traversaient alors notre région constituaient une véritable armature. Saint-Genix se trouvait à proximité de deux itinéraires importants que les romains ont empruntés pendant cinq siècles de domination : l’un reliait Vienne à Milan, l’autre conduisait de Vienne à Genève. Toutes deux passaient par la voie d’Aoste empruntant le pont romain qui enjambait le Guiers et dont il reste aujourd’hui des piliers encore très visibles entre Tramonet (Savoie) et Romagnieu (Isère) au lieu-dit Le Boutet.

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La Sapaudia

La civilisation romaine déclinant, elle laisse la place, après cinq siècles de grandeur, à une période obscure : dès la seconde moitié du IIIème siècle, une armée de barbares venue de Germanie envahit le territoire, dévaste les propriétés romaines, sème partout le ravage, l’incendie et la ruine. Dès que les empereurs parviennent à rétablir la situation, ils organisent dans le territoire Allobroge compris entre le lac Léman, le Rhône et les Grandes Alpes, une région militaire chargée de barrer la route aux envahisseurs : c’est la Sapaudia (pays de sapins ?), qui, avec l’évolution de la langue, deviendra la Savoie.

Le moyen-âge

Le petit Bugey qui englobait notre région figurait parmi les toutes premières possessions de la Maison de Savoie, et les comtes étaient prioritaires sur ce territoire. On estime que la famille d’Humbert aux Blanches Mains détenait alors simultanément le comté et le diocèse de Belley. Saint-Genix bénéficie à l’intérieur de ce fief d’une position idéale qui permet aux nobles avisés et habiles de s’y établir. Sa situation de carrefour de voies terrestres et fluviales est enviable et véritablement privilégiée.

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XIVème siècle

La Savoie conservait au délà du Guiers, dans une région délimitée par les Avenières, Dolomieu et Pressins, une enclave de terre protégée de forteresses et de bastides : sa position la désignait comme une sorte de barrage contre les débordements ennemis. Mais cette portion étaient source de division entre Dauphinois et Savoyards. Le Roi de France ayant besoin de l’appui de la Savoie, décide de mettre fin au conflit : en 1349 le Dauphiné est réuni à la France et le traité de 1355 matérialise cette détermination, égalisant les divergences, pour situer définitivement la frontière aux rives du Guiers. Les sujets de discorde étant ainsi résolus, la région bénéficie d’un certain équilibre, cependant fragile, car Saint-Genix, privé d’un avant poste important, n’évitera pas à l’avenir les horreurs de la guerre.

La cité renaît. A l’intérieur des remparts de Saint-Genix, le village s’apaise et s’organise. Le château comtal à proximité de l’église voit revenir des jours plus sereins. En 1349 la séparation du Dauphiné et de la France crée des conséquences funestes pour Saint-Genix et le Petit Bugey.

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XVème siècle

En 1454, le Dauphin Louis II, futur Roi Louis XI, qui disputait au duc de Savoie l’hommage du marquis de Saluces, se jette à l’improviste sur le Petit Bugey et s’empare de Pont-de-Beauvoisin, du château de Verel et de Saint-Genix. C’est le désastre pour la petite cité : pillages et incendies se succèdent et l’on dit qu’elle aurait été complètement dévorées par les flammes sans l’intervertion miraculeuse de la Bienheureuse Philippe de Chantemilan. Une fois la paix rétablie, succède une période plus sereine, fastueuse même. Les fêtes se succèdent encore car les princes renouvellent leurs visites.

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XVIème siècle

Les réjouissances ne s’éternisent pas. Cette période du XVIème siècle est fertile en évènements fâcheux et sérieusement troublée par des catastrophes successives. Les guerres d’Italie facilitent le passage de personnages brutaux, qui sont aussi auteurs de méfaits indescriptibles. En 1517 l’armée du Piemont est renvoyée par le Roi de France. Les troupes se rapatrient sur la Savoie : c’est le pillage, le vol, le meurtre en perspective. Saint-Genix ferme ses portes et se prépare à soutenir un siège contre les envahisseurs : l’ordre est donné de rassembler des vivres, des armes et de l’argent. Mais les lansquenets sont dirigés sur Saint-Genix pour franchir le Rhône à Cordon.

Le 2 avril, Monseigneur Don Edme ne peut que constater les dégâts dans la cité et dit simplement « cette petite ville, laquelle avait été brûlée du tout, n’y avait que deux ans ». La famine existe maintenant, et profondément depuis 1536, continuant ses ravages pendant une bonne vingtaine d’année encore, pendant l’occupation française. Les états généraux de Savoie rendent compte dans une remontrance à François 1er, de l’extrême misère et de la pauvreté qui atteint dans cette cité un niveau douloureux. Les choses commencent à s’arranger à partir du moment où Emmanuel-Philibert (duc de Savoie de 1553 à1580) met fin aux dépradations en tout genre.

Le cour se fixe désormais à Turin pour des raisons de sécurité, et par conséquent, ne porte plus qu’un intérêt réduit aux affaires de Savoie. La France est divisée par les guerres de religions. Charles-Emmanuel, duc de Savoie, rêve d’exploiter une situation instable et projette de conquérir, soit la place du duc de Navarre, soit de s’approprier la Provence et le Dauphiné. Mais ses projets échouent, car Lesdiguières déjoue ses plans. Saint-Genix est à nouveau le centre de multiples calamités. Après de nombreuses batailles menées par Lesdiguières et ses complices, les traitres frères Pellisson, la cité de Saint-Genix est très affaiblie : elle consolide à nouveau ses remparts et ses murailles, mais après tant de conflits, sa vulnérabilité est évidente. Le pays n’est plus protégé que par une trentaine d’hommes qui représentent maintenant une garnison devenue inutile. La bourgade délivrée en août 1593 bénéficie d’une trêve malheureusement trop courte.

Le 12 juillet 1595, d’Ornano, allié de Lesdiguières dans les précédentes batailles, occupe toujours le voisinage, et, informé de la faiblesse de la garnison, attaque à nouveau. La résistance est impossible, la petite troupe cède et ouvre les portes à la première sommation. La place reste occupée par les français juqu’au traité de Vervins en 1598. La paix revient, fragile, et la sécurité reste précaire. En 1600 la Savoie est à nouveau envahie et Charles-Emmanuel est contraint avec désespoir de céder du terrain à Henri IV. Saint-Genix échappe à cette soumission mais perd sont territoire qui comprend l’autre côté du Rhône, Cordon, Peyrieu et Murs.

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XVIIème siècle

Les calamités s’accumulent. Genève, qui fait l’objet des convoitises du duc de Savoie, est surprise le 22 décembre 1602 : l’attaque est restée connue sous le nom de « l’Escalade ». Les représailles ne se font pas attendre : une armée protestante forte de trois cent hommes s’installe à Cordon sur le Rhône. Saint-Genix se croit à l’abri, pourtant les protestants à l’aube du Vendredi Saint, le 28 mars 1603, passent le fleuve et s’abattent sur la cité : ils la soumettent au pillage complet, au saccage le plus horrible. Les huguenots profanent l’église avec une hargne indescriptible, tout est massacré, brûlé, ravagé. Malgré les négociations pour arrêter ce carnage, les compagnies protestantes semaient la terreur et ruinaient les environs. Avec la complicité de Lesdiguières, les expéditions genevoises utilisaient volontiers les rives du Guiers. Par la suite les ravages s’espacent, car le Roi de France aspire à la tranquillité. Le traité de Saint-Julien, signé le 31 juillet 1603, rend la paix à Saint-Genix et soulage la cité de l’occupation étrangère. Le calme est revenu momentanément. Mais la ville et ses environs ne sont plus que ruines et il faudra un temps considérable pour réparer les dégâts.

A cause de la politique hasardeuse de Charles-Emmanuel qui oscille entre les français, les espagnols et les genevois, et malgré le traité de Saint-Julien, le Petit Bugey n’est toujours pas à l’abri des malheurs. Les invasions sont toujours possibles et obligent les troupes à établir des postes de surveillance près des frontières. La situation devient rapidement désespérante, car les bataillons, suivant la tradition, se ravitaillent sur le terrain. A Saint-Genix l’approvisionnement est assuré par le sieur Magnin qui rencontre mille difficultés. En conséquence il faut se rabattre sur les environs pour assurer la subsistance de l’armée. Par contre coup, Saint-Marie et Gerbaix sont dans le dénuement le plus extrême : les habitants sont au désepoir et menacent de « déshabiter ». En 1611 la compagnie de Lodes est cantonnée à Saint-Genix et reçoit l’ordre de rejoindre celle de Yenne afin de regagner le genevois. Saint-Genix est anéanti une fois de plus par tant de vicissitudes et se trouve dans une douloureuse pauvreté : il n’y a plus de garnison, il y a des brèches dans la muraille et les pauvres palissades sont brûlées. L’inquiétude est toujours vive car on craint que le duc de Nemours agresse la région et accapare au passage Saint-Genix, Yenne et les châteaux de la région. C’est pourquoi en 1616 on fait acheminer du genevois sur Saint-Genix une compagnie sous les ordres du seigneur de la Dragonière qui prend place le 4 septembre. La veille, le bruit avait couru à Chambéry que Saint-Genix était pris. Le 11, le seigneur de « Centagneu » écrit que la place paraît menacée et qu’il a besoin d’une bonne infanterie pour la défendre. La garnison est ravitaillée par Favre le 23. Finalement les craintes disparaissent car l’attaque n’a pas lieu. Le duc de Nemours se réconcilie avec le duc de Savoie.

Le Petit Bugey connaît alors une période plus paisible. Saint-Genix panse ses plaies et répare les dégâts innombrables laissés par toutes ces périodes émaillées de guerre, de feu, d’épidémies et de ravages. Au milieu du XVIIème siècle, avec la sérénité et le calme, le village et sa région retrouvent doucement un autre visage. La vie redevient peu à peu florissante. La noblesse jouit de hautes charges tant dans la magistrature que dans l’armée et fréquente le bourg et ses environs pour d’agréables séjours. La bourgeoisie développe ses intérêts et sa richesse s’accroît. La population paysanne sort de sa misère, connaît, lentement il est vrai, une vie plus aisée à force de travail et réussit enfin à acquérir des terres si longtemps refusées. C’est enfin un essort heureux et réjouissant. L’agriculture et le commerce sont en progrès. L’industrie commence à transparaître confusément. Les lettres, les arts et la poésie se développent et fleurissent pour l’agrément de la société.

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